Ce jour commença si calme. Il suffit parfois de partir plus tôt le matin, découdre les habitudes où rien ne surprend. La même rue vide de ses voitures, les mêmes rues commerçantes pas encore réveillées en aube tardive. Le temps en promesses de jour ou alors ramassé sur lui, saura-t-il s’envoler, se déployer ou restera-t-il en boule froissé ? A marcher, je me demande, quelle couleur est ce jour ? Si je devais le peindre, quelle encre choisirai-je ? Un jour encore en silence. Un jour en individualité. Rien de la foule dans l’arrêt de l’instant. Un tout jeune couple s’embrasse, voluptueusement, sur un banc, rien d’un chaste Doisneau ; il y a une bulle autour de ce costume et de ce tailleur noirs, nul besoin que la ville s’éveille pour eux. Une étudiante est assise contre un mur, un cahier, les genoux repliés sous le menton, un crayon se machone, une mèche tombe ; pour elle, j’aimerai que la ville se réveille.
Pol, Instantanés.



0 commentaires:
Enregistrer un commentaire